Un repas pour conforter le jumelage

Convivialité et fraternité avant tout, fierté autour de Leonard Da Vinci : L’association italienne de Jumelage Larciano-Poussan et celle de Poussan ont pris l’habitude de se rencontrer et fêtent particulièrement leurs attaches lors de la Foire de la Sainte Catherine, à Poussan. Elles ont des projets  pour le futur comme de nouveaux échanges et ont déjà un long vécu commun avec des moments gais et d’autres douloureux, mais pour ce week-end festif, une délégation italienne avec 13 membres, est reçue à Poussan après avoir accueilli elle-même ses homologues il y a quelques mois pour une fête médiévale exceptionnelle qui est restée dans certaines mémoires. C’est toujours un moment très fort qui renforce les liens.larDSC_0035 (2)

A Poussan, l’association tient à préciser qu’elle propose de suivre des cours d’italien une fois par semaine, durant l’année et qu’elle poursuivra ses activités avec de nouveaux échanges à la clef…

 Les idées d’activités pour faire vivre le jumelage par un maximum de personnes dans chacun des villages ne manquent pas.

Mais cette année, pour la foire de la Sainte Catherine si 13 Italiens forment la délégation de Larciano, leur Maire, Lisa Amidei n’a pu se libérer durant tout le week-end alors qu’elle était venue à Poussan pour la dernière exposition. Comme d’habitude ils pourront découvrir ou redécouvrir la commune avec son Riverain et son centre historique ainsi qu’avec des animations propres au village et bien-sûr ils n’ont pas oublié leurs produits locaux très demandés qu’ils proposent durant la foire avec de nombreuses préparations culinaires à déguster et à acheter.larDSC_0016 (6)

  Avant de vivre une journée de foire animée, un repas était organisé au foyer des campagnes pour que se développe dans la bonne humeur cette amitié franco-italienne et la fraternité entre des cités pourtant éloignées.zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzdsc_0001-2Plus de 100 convives allaient partager celui-ci. Accompagnés de vins des Terroirs de la Voie Domitienne, allaient être proposés après un petit apéritif, des gésiers avec des ballotines de volaille, des salmis de pintade avec des légumes, puis fromage, tarte et verrine de fruits…

Une très bonne soirée durant laquelle l’italien allait s’insinuer dans les dialogues. Et d’ailleurs, cela avait débuté durant l’apéritif.Mais avant la fête Mme Zanetti, Présidente de l’association du Jumelage, Monsieur Néri (Larciano) et Monsieur le Maire de Poussan accompagnés par Florence Sanchez, Adjointe déléguée à la culture et au patrimoine, tenaient, avant que les convives ne chantent réunis, une Marseillaise et un hymne italien de tout leur cœur, à animer un moment plus protocolaire pour marquer avec insistance le jumelage entre les 2 cités.

Nicole Zanetti, présidente de l’association poussannaise, se félicitait que ces rencontres Franco-Italiennes se poursuivent, avec pour objectif des actions communes et des échanges à tous les niveaux.

Jacques Adgé précisait que c’était toujours un plaisir de recevoir la délégation pour la Foire puis il revenait sur l’exposition « Leonardo Da Vinci » qui fut une très belle réussite ce qui prouve que le partage des idées et des moyens est toujours une bonne chose.larDSC_0031 (4)

Andrea Neri et Alissandro remerciaient à leur tour la municipalité de Poussan et tous ceux qui avaient œuvré dans l’ombre pour que l’exposition ait lieu et soit aussi appréciée, ce qui n’avait pas été prévu à l’origine. En invitant les représentants poussannais à leur fête médiévale du 3ème dimanche de mai, ils offraient à Poussan la modélisation d’une colombe blanche en signe de paix tandis qu’ils recevaient l’affiche originale de l’exposition et le livre d’or de celle-ci.larDSC_0018 (6)

Après cet échange de cadeaux la fête pouvait commencer

Entre chants, musiques et danses, avec l’orchestre Julien de Sète pour l’animation, le repas s’annonçait bien convivial.

Les Pénitents à l’honneur avec l’Association Saint Vincent

penCaptureCe samedi 28 octobre, à partir de 14h, Fabrice Bertrand organisait avec l’association Saint-Vincent de Poussan une demi-journée consacrée aux Pénitents en Languedoc.
Pour l’association qui est une des plus anciennes de Poussan, cette journée se voulait un événement majeur afin de faire renaître son identité au travers de la Chapelle des Pénitents.
Fabrice Bertrand remerciait bon nombre d’acteurs et de personnes qui ont permis la réalisation de cet événement : des intervenants pour les conférences aux nombreux pénitents venus de Montpellier, de la Mairie aux membres de l’association pour leur aide efficace.fabDSC_0030 (5)
Car les Pénitents blancs de Poussan ont eu un lien étroit avec ceux de Montpellier et il était opportun de montrer que ces confréries sont ouvertes encore à Montpellier, en centre-ville.

Grâce à deux conférences et interventions, réalisées par le prieur de la dévote et respectable confrérie des Pénitents Blancs de Montpellier, M. Guilhem Vandenhaute, par une pénitente, membre de la dévote et royale compagnie des Pénitents Bleus de cette même ville, Mme Christine Auche-hedounous nous avons d’abord découvert la riche histoire de ces confréries montpelliéraines et les liens qui les unissaient.fabDSC_0009 (12)

« En 1160 les premiers pénitents apparaissent et ils vivent alors selon l’ancienne règle imposée aux pénitents publics qui désiraient demander réparation. »

Ont alors été définis des œuvres de miséricorde avec donc des engagements sociaux dans les différentes confréries.

Une sorte de caisse de secours mutuel a été mise en place dans les celles-ci pour aider ceux qui en avaient besoin.

Au cours des siècles, évolutions diverses, certaines vers la spiritualité d’autres vers les Ordres avec même à une époque des « Battuti » où l’on se flagellait pour se rapprocher d u Christ et de Dieu.

La Cagoule était portée avec des gants, pour que l’on n’identifie pas le Pénitent. Tous les Pénitents étaient alors placés sur le même plan, manuels ou intellectuels, riches ou moins fortunés.DSC_0015 (10)

A Montpellier, les Pénitents blancs aidaient surtout les pauvres.

Il faut savoir qu’à une époque il y eut plus de 170 confréries en Languedoc plus ou moins associées entre-elles pour se maintenir et même coordonnées pour s’entraider.

Quant aux Pénitents de la  dévote et royale compagnie des Pénitents Bleus, ils ont apparu en 1040 et sont toujours opérationnels à la Rue des Étuves, à Montpellier.

Leur mission principale est d’accompagner dans les œuvres de miséricorde les défunts et leurs familles.

Puis Fabrice Bertrand a présenté la Chapelle des Pénitents blancs de Poussan et comment ces derniers étaient liés aux autres confréries.fabDSC_0013 (11)

La chapelle des Pénitents de Poussan est très sobre, pourtant elle fut richement meublée et décorée avec plus de 48 tableaux de grande valeur, les lustres de l’église actuelle,e t d’autres éléments qui illustrent les anciennes caractéristiques de ce lieu.

Si la chapelle fut inaugurée en 1657, la confrérie existait depuis 1590. Et jusque là les Pénitents se réunissaient dans l’église Saint Pierre, « en chapelle » devant un tableau représentant le « Saint Esprit ».fabDSC_0007 (18)

Toujours en blanc, par symbole de pureté, à cette époque là, l’on devenait pénitent pour endiguer la progression de l’église réformée. Les principales œuvres étaient mutualistes pour ces Poussannais. De nombreuses archives et des documents sont conservées aux Archives Départementales et consultables.

Au 19ème, il y eut même des Pénitentes. Un rôle surtout social pour elles. Tous, hommes et femmes, assistaient les Poussannais lors des processions et étaient enterrés dans l’église puis dans la chapelle et quand il n’y avait plus de place, pour en libérer une, la dépouille la plus ancienne prenait la direction du cimetière, alors près de l’église.

En 1910, la chapelle fut désaffectée. Elle servit pour la soupe populaire, comme salle de bal et en 1980 elle faillit être achetée mais les opérations cessèrent suite à des doutes au niveau des Monuments historiques.fabDSC_0030 (6)

« Plus personne n’en voulait, sauf l’Association Saint Vincent qui put l’acheter à bas prix. »

Pour l’association Saint Vincent, cette journée se veut être un autre départ pour la chapelle, avec certainement bientôt, des travaux au niveau de la toiture.

Avant de poursuivre en  pénétrant  dans la chapelle des Pénitents blancs de Poussan, et en visitant ce bel édifice qui, qui depuis sa construction en 1656, est un des fleurons du patrimoine du Bassin de Thau, un moment de convivialité était partagé.

Et pour faire revivre cette chapelle, à 17 h 30, avait lieu sa Bénédiction par le père Bogdan Lesko, accompagné par les Pénitents de Montpellier.fabDSC_0022 (9)

Le Père Bogdan précisait que quelque soient les années ou les époques il fallait retenir que ces lieux avaient d’abord abrités des personnes désirant mutualiser leurs efforts autour de certaines valeurs pour aider ceux qui avaient besoin de soutien. Et dans ce sens; les visiteurs et paroissiens présents priaient lors d’une courte cérémonie pour que ce lieu garde son caractère spirituel en lien avec les valeurs de « l’église » Catholique.

Poussan et les journées du patrimoine

Démarrage dès ce samedi 16, après-midi, à Poussan, pour les 2 journées européennes du Patrimoine avec à 14 h 30, un premier rendez-vous. Une visite de l’église de la ville qui a regroupé plus d’une dizaine de personnes car en effet, la Mairie de Poussan en partenariat avec l’association Saint Vincent avait programmé deux visites le samedi.bertDSC_0002 (49)

Fabrice Bertrand se faisait un plaisir de donner toutes sortes de précisions sur ce riche patrimoine de Poussan. A savoir entre-autres que :

« C’est à partir du Xe siècle que nous avons mention de l’existence d’une église Saint Pierre de Poussan et d’une tour, ancêtre du château. Ces deux éléments du pouvoir, attirent alors l’habitat, et le village voit le jour, autour ce binôme. L’église et le château, éléments fondateurs du village, forment le noyau central du premier habitat et s’entoure d’une première enceinte. Avec la croissance démographique, au XIVe siècle, une seconde enceinte est construite afin d’englober les nouveaux quartiers. Au Moyen Age, Poussan connaît la prospérité malgré les épidémies, les guerres et les crises économiques que connaît le Languedoc. L’époque contemporaine voit l’agglomération sortir de ses murs et les habitations s’installer le long des voies d’accès plus larges autour des remparts.« P1520429 (2)Dans un premier temps, il était donc évoqué l’histoire de sa construction et de son évolution justement par rapport au développement de Poussan.

Des 2 églises de Poussan (Saint Vincent, Saint Pierre) qui la précédaient, à l’église actuelle de nombreux événements que Fabrice nous précisera ont rendu cet édifice un joyau pour la commune et le bassin de Thau. De 1350 à son agrandissement en 1496, de la révolution à l’arrivée de l’abbé Gept en 1827 elle est devenue une église simple à l’extérieur et « conquérante » à l’intérieur.

Reconstruit au XIXème siècle, cet édifice, par ses dimensions et ses ornements, est un témoignage de l’histoire de Poussan, de l’attachement des habitants de cette localité à la pratique religieuse. La plupart des grands événements, même civils et politiques, du Moyen-Age jusqu’à la Révolution, y étaient organisés.

DSC_0040Avec des voûtes magnifiques, un chœur à la hauteur de ses ambitions et une chaire à prêcher de haute facture, la Bourgeoisie Poussannaise avait tenu à matérialiser sa puissance.

P1330807Il en est de même pour les nombreux objets liturgiques qui y sont encore présents. En effet, l’église de Poussan est très riche. 

DSC_0051 (2)Elle recèle en effet de très nombreux trésors : des tableaux de grande qualité exécutés par des grands maîtres, des croix de procession, des reliquaires, et de beaux autels de marbre.

DSC_0071 (2)Les participants avaient l’occasion de les découvrir sous un autre angle avec la visite de chacune des chapelles de celle de Saint Roch à celle de Sainte Philomène.

DSC_0052Une visite très instructive qui levait le voile sur une partie de l’histoire de l’église, ce grand témoin du passé de la commune.

A 16 h, toujours devant l’église, était fixé le départ de la visite du centre ancien de la commune, une déambulation à la découverte du patrimoine du vieux village avec Fabrice Bertrand et Loïc Vannson. Toujours très instructives ces circuits permettent aux participants de mieux comprendre comment la Commune a suivi des évolutions au fil des siècles. Les personnes intéressées ou impliquées dans le domaine de l’architecture et de l’historique des monuments et des édifices étaient bien attentives.

Et ce dimanche 17 septembre, pour près de 20 volontaires bien motivés ce fut l’occasion d’effectuer une balade de plus de 2 h sur les sentiers des capitelles, malgré un problème d’horaire de départ. CaptureGuidés par Philippe Stein, le Président de l’association et par Pierre Cazenove, tous ont pris plein nord vers des capitelles non loin des sentiers de randonnée.P1010547-CAPITELLE-poussan-768x1024Pour en savoir plus sur les capitelles : http://heraultinsolite.blogspot.fr/2012/06/le-circuit-des-capitelles.html

Pour en savoir plus sur la visite de Poussan : http://blog.ville-poussan.fr/?p=77769

Journées européennes du patrimoine à Poussan

Organisées par le service culturel de la Ville de Poussan PROGRAMMECapture

Samedi 16 septembre

14h30 Visite de l’Église: histoire d’une restauration avec Fabrice Bertrand et Loïc Vannson

RDV devant l’Église

16h  Déambulation historique: à la découverte du patrimoine du vieux village avec Fabrice Bertrand et Loïc Vannson

RDV devant l’Église

Dimanche 17 septembre 9h /11h

Sur le chemin des capitelles: découverte du patrimoine en pierre sèche de la garrigue poussannaise avec l’association « Pierres et collines de la Moure »

RDV devant le gymnase, complexe sportif des baux.

Avec Fabrice une première visite très instructive

berDSC_0017Ce samedi 22 juillet, à 18 heures, avait lieu une visite historique du village de Poussan avec un guide qui fait référence dans ce domaine, Fabrice Bertrand, accompagné. La visite était organisée par le service Culturel de la ville de Poussan

montlaur 012 (2)Pendant près de deux heures, grâce au guide, près de douze personnes, des Pousannais mais aussi quelques visiteurs extérieurs, sont parties à la découverte de ce patrimoine exceptionnel poussannais, des châteaux de Montlaur et de Malbois, de la chapelle des Pénitents, du prieuré bénédictin et d’un plus modeste patrimoine tout autant intéressant. Avec l’observation de nombreuses façades et maisons, l’on comprenait comment les siècles avaient façonné en fonction des besoins la structure du village.berDSC_0003

Car jadis deux lieux de culte s’étaient développés : Saint-Vincent et Saint-Cléophas. Poussan est toujours une limite, mais entre deux évêchés, celui d’Agde et de Maguelone.

De St-Cléophas-des-Moulières il ne reste aucune trace. Exploitation agricole devenue hôpital pour permettre aux pèlerins de se reposer, il fut détruit durant la guerre de Cent ans, certainement. En revanche, Saint-Vincent-de-Jonquières, en bordure de la nouvelle voie, était un prieuré dépendant des Bénédictins de la Chaise-Dieu et un noyau d’habitat se serait constitué autour de l’église dont il reste certaines ruines, aujourd’hui.

berDSC_0028Ce commerce avec la Chaise Dieu a permis aux Bénédictins de s’enrichir et de de rassembler autour du territoire un certaine population. D’autres lieux de culte comme celui de Saint-Sulpice-de-Thoron, ou celui de l’Ermitage en allant vers le Puech Gayès montrent avec d’autres sites comme celui du Cous où une nécropole a été mise à jour, que des points de peuplement, bien que très dispersés, étaient nombreux sur la commune. Tous disparaîtront à plus ou moins long terme car certainement à partir de l’ancienne villa Porcianus ou plus précisément sur son territoire vont apparaître l’église Saint-Pierre et le château.

L’église sera mentionnée en 960 certainement construite sur un lieu de culte du IXe siècle.

En 990, elle est associée à un château construit à la place d’une tour qui l’aurait précédé.

berDSC_0011Le village ou castrum ne sera clairement cité qu’en 1105 se développant d’abord sur les flancs sud et ouest du plateau où dominent église et château.

La visite a commencé par les Halles puis le groupe s’est dirigé vers la place de l’église petit à petit.

Fabrice Bertrand n’était pas avare de détails et donc les participants avaient l’occasion de plonger dans cette histoire locale qui est une de nos richesses mais aussi d’aller à la rencontre virtuelle des anciens habitants et de ce qu’ils ont bien voulu nous transmettre, avec en plus des renseignements sur l’évolution de ces édifices.

En conclusion, ce fut l’observation des remparts pour que le public puisse apprécier le caractère global du centre historique de Poussan

montlaur 030 (2)Une autre visite est prévue le 12  août.

Les Journées européennes du patrimoine à Poussan

Journées européennes du patrimoine à Poussan :
Samedi 16 septembre
Organisé par le service culturel de la ville, Fabrice Bertrand et Loïc Vannson.montlaur 030 (2)
14h30 Visite de l’Église : histoire d’une restauration (Rdv sur place)
16h Déambulation historique à la découverte du patrimoine du vieux village
(Rdv place de l’Église)
P1010547-CAPITELLE-poussan-768x1024
Dimanche 17 septembre
Organisé par le service culturel de la ville, l’association Pierres et chemins de la Moure.
9h30 Chemin des capitelles :
découverte du patrimoine en pierre sèche de la garrigue poussannaise (Départ devant le gymnase des Baux).

Jusqu’au XIVème, le 1er objectif pour Poussan : se défendre

Après l’occupation des sites gallo-romains par les Barbares jusqu’en 725 environ, les Arabes occuperont pendant 40 ans le territoire de Poussan. Le monde méditerranéen de l’Antiquité s’éteindra alors, pour celui  du nouveau monde du nord, celui des Francs. Les comtes vont donner un nouveau dynamisme qui conduira à la création du castrum.

La voie Domitienne sera alors délaissée au profit d’un tracé plus méridional le long de l’étang de Thau, avec à Poussan, deux lieux de culte qui se développeront : Saint-Vincent et Saint-Cléophas. Poussan est toujours une limite, mais entre deux évêchés, celui d’Agde et de Maguelone.

De St-Cléophas-des-Moulières il ne reste aucune trace. Exploitation agricole devenue hôpital pour permettre aux pèlerins de se reposer, il fut détruit durant la guerre de Cent ans, certainement. En revanche, Saint-Vincent-de-Jonquières, en bordure de la nouvelle voie, était un prieuré dépendant des Bénédictins de la Chaise-Dieu et un noyau d’habitat se serait constitué autour de l’église dont il reste certaines ruines, aujourd’hui. D’autres lieux de culte comme celui de Saint-Sulpice-de-Thoron, ou celui de l’Ermitage en allant vers le Puech Gayès montrent avec d’autres sites comme celui du Cous où une nécropole a été mise à jour, que des points de peuplement, bien que très dispersés, étaient nombreux sur la commune.

                Tous disparaîtront à plus ou moins long terme car certainement à partir de l’ancienne villa Porcianus ou plus précisément sur son territoire vont apparaître l’église Saint-Pierre et le château. L’église sera mentionnée en 960 certainement construite sur un lieu de culte du IXe siècle. En 990, elle est associée à un château construit à la place d’une tour qui l’aurait précédé.

Le village ou castrum ne sera clairement cité qu’en 1105 se développant d’abord sur les flancs sud et ouest du plateau où dominent église et château. Le premier plan cadastral  de Poussan, datant de 1823, fut dressé sur ordre de Napoléon 1er. L’on y distingue l’ensemble des parcelles formant le vieux village avec au centre, mais déporté vers l’orient, le château Montlaur et tout autour un ensemble de bâtiments officiels.

La place centrale, espace public, était à la fois agora et acropole, le reste du village étant réservé à l’habitat. La structuration du paysage bâti avec des plans basés sur la forme circulaire ne doit pourtant rien à l’évolution récente. Ce serait, d’après Krzysztof Palowski, architecte et urbaniste, un héritage qui remonterait à l’an mille.
Poussan qui fait partie de cette catégorie de villes ou villages avec une organisation spatiale basée sur la circularité est à ce titre-là une circulade. Car l’agglomération est née au pied d’un château et d’un prieuré bénédictin gardant une forme spécifique avec une partie haute et une basse contournées par une double enceinte de forme circulaire, abritant du bâti non structuré.

Tout en s’adaptant aux éléments préexistants, et à la configuration du terrain, la tendance vers la circularité s’est faite par rapport aux remparts construits selon les historiens vers 1350 par le seigneur de Lévis Mirepoix.

Si les anciennes fortifications endommagées en 1748 par une grave inondation sont bien conservées dans la partie haute, elles sont encore lisibles dans la partie basse avec des portes d’entrée sauvegardées.

Pour Palowski : « L’homogénéité de l’ensemble est assurée par le bâti qui épouse la forme circulaire des enceintes fortifiées, les limites de la première enceinte étant bien déterminées par la place du Marché et de la République. En gardant ce caractère authentique, Poussan nous montre que les impératifs de défense ont certainement joué un rôle primordial dans son développement. »

Techniquement les constructeurs devaient connaître l’arpentage, pourtant, il fallait aussi que la population veuille bien se regrouper et organiser un système de défense planifié, d’abord autour du château puis en s’en éloignant.

Se succèderont à la tête des seigneuries de puissantes familles languedociennes comme  les Castres, les Montlaur, les Lévis de Mirepoix, les de Ricard, de Crussol ou encore Barrière et Tournezy. Celles-ci lègueront des demeures d’exception. Du Xe siècle jusqu’au premier tiers du XIVe siècle, il n’existait qu’une seule seigneurie dont le siège se trouvait au château de Montlaur.

En 1300 il y avait trois co-seigneurs de Poussan, issus des familles de Ricard, de Crussol et de Lévis. Poussan était alors à l’aube d’une expansion prodigieuse.

Une seconde visite de Poussan

Le service culturel de la ville, en collaboration avec Fabrice Bertrand et Loïc Vannson proposait samedi 12 Août, une seconde visite historique de Poussan. Une quarantaine de personnes se sont données rendez-vous devant les halles pour le départ de la visite. ber5697Capture

Pendant près de deux heures, grâce au guide, des Pousannais mais aussi quelques visiteurs extérieurs, sont partis à la découverte de ce patrimoine exceptionnel poussannais, des châteaux de Montlaur et de Malbois, de la chapelle des Pénitents, du prieuré bénédictin et d’un plus modeste patrimoine tout autant intéressant.

Avec l’observation de nombreuses façades et maisons, l’on comprenait comment les siècles avaient façonné en fonction des besoins la structure du village. ber111Capture

Fabrice Bertrand n’était pas avare de détails et les participants avaient l’occasion de plonger dans cette histoire locale qui est une de nos richesses mais aussi d’aller à la rencontre virtuelle des anciens habitants et de ce qu’ils ont bien voulu nous transmettre, avec en plus, des renseignements sur l’évolution de ces édifices.

Dans « Pourpoint, harpe et lévrier », Poussan fait référence

« Pourpoint, harpe et lévrier » est un livre attrayant et instructif, sur la vie de château au Moyen Âge illustré de peintures méconnues, un document de 108 pages écrit par Sophie Clarinval et édité par les Nouvelles presses du Languedoc…      Sophie Clarinval, historienne de l’art et passionnée par le patrimoine régional, a exercé les fonctions d’enseignante, de chargée d’études pour la DRAC Languedoc-Roussillon, de guide conférencière au musée de Lodève et propose des conférences depuis de nombreuses années au sein de l’Université du temps libre du Bas-Languedoc. Son mémoire universitaire « Le plafond peint du château de Capestang en Languedoc » est à l’origine du présent ouvrage.

Aux XIVe et XVe siècles, les seigneurs méridionaux améliorent leur cadre de vie. Les façades s’ornent de sculptures et, dans les salles d’apparat, les couleurs s’affichent partout, des sols aux plafonds. Ces derniers, en particulier, offrent quantité d’images variées et parfois surprenantes.

Récemment redécouverts, ils montrent, dans un style naïf voire humoristique, des musiciens, des danseurs, des amoureux, des bouffons, des animaux et créatures fantastiques, des scènes religieuses… À partir de ces représentations souvent méconnues, et d’autres sources d’époque, Sophie Clarinval offre, dans une langue simple et claire, une sorte de chronique « mode et société » médiévale, largement illustrée, qui va de l’habitat aux divertissements, en passant par les croyances et les habitudes vestimentaires.

Si dans une commune, l’aula, le lieu de prestige mesurait 20 m sur 8,40, à Poussan, au château d’en bas, il est de 6m sur 9. Les constructeurs y ont recherché un peu de luminosité. Pour Sophie Clarinval, l’on peut remarquer la cheminée de cette salle d’apparat qui date du milieu du XVème siècle ainsi que le plafond peint à caissons. Celui de la salle Vinas de Poussan est vraiment remarquable. C’est une référence.

D’ailleurs, Jean Laforgue, sur une proposition de Marc Lugand qui avait écrit avec des Poussanais un bel ouvrage sur Poussan,  avait étudié ce plafond de la salle Vinas. Après avoir remarqué l’immense cheminée gothique fixée dans le mur entourée par un magnifique escalier en colimaçon, il avait exploré le plafond de 54 m², du « château d’en bas » devenu château Malbois au moment de la Révolution Française, plafond qui fut redécouvert en 1998 avec sa décoration. Mis à part un problème d’entretien, il était très bien conservé.

 Composé de 6 grands carrés, avec un espace libre pour la cheminée, il est fabriqué avec des poutres réelles et 4 fausses poutres transversales pour régulariser. On trouve ensuite selon des proportions bien définies, des planches et des couvre-joints. Mais entre le plancher supérieur et le plafond on s’aperçut que les concepteurs avaient utilisé de la paille compressée qui évite la déformation des bois. Outre les moulures classiques, rien n’a été laissé au hasard. Les solives moulurées sont posées perpendiculairement aux poutres à raison de 7 par caisson. d’ailleurs on retrouve le même plafond, mais moins riche, sous cette salle. C’est le frère jumeau de celui de la maison Jacques Cœur à Montpellier, qui date de 1447, ce qui permet de donner une approximation pour la construction de celui de Poussan, aux alentours de 1454.

 Si le château d’en bas, qui pourrait être bâti sur un édifice antérieur, n’a pas fini d’étonner, ses caissons peints, font encore l’actualité tout en étant des éléments fondamentaux de l’art européen.   Retrouvez les dans le livre de Sophie Clarinval qui y dépeint la vie de la cour, en pays d’oc, à la fin du Moyen Âge.

                                                           Le livre est accessible à tous, y compris aux plus jeunes. tous ceux qui veulent en savoir plus, pourront s’informer plus avant, grâce aux nombreuses notes de fin d’ouvrage et à la riche bibliographie.