Après celui de Saint Jacques, le chemin de Régordane

Le pèlerinage sur le tombeau supposé de Jacques de Zébédée était un des plus importants de la Chrétienté au Moyen Âge, avec ceux de Jérusalem et de Rome. Pratiquement disparu au XIXe siècle, il connaît un regain de ferveur depuis la fin du XXe siècle, promu notamment par les institutions européennes.
En 2015, il s’agissait de conclure pour Ginette et Michèle, qui après avoir marché sur les tronçons précédents depuis plusieurs années étaient parties le 21 juin pour faire les 340 km qui restaient  avant d’arriver à Santiago. gingin095 (3)Elles étaient arrivées à Santiago très satisfaites et fières et en bonne forme.
jajajaAprès un retour à Poussan, avec beaucoup d’images dans « la tête », d‘autres projets étaient déjà en réflexion pour 2016. C’est le chemin de Régordane qui retint leur attention :Screen Shot 07-16-16 at 03.04 PMCette voie très ancienne est née bien avant l’apparition de l’homme après qu’une dislocation nord-sud avec charriage des plaques ait ouvert des cols et, en particulier, le plus important d’entre eux, celui qui au sud de Villefort ouvre un passage à basse altitude au travers d’une barrière de 60 kilomètres de long formé par le Mont Lozère et le chaînon du Mas de l’Aire.Screen Shot 07-16-16 at 02.58 PM

La faille a été génératrice de sources nombreuses qui la jalonnent. Les premiers animaux du monde l’ont instinctivement empruntée, de source en source, de col en col, dans un mouvement spontané de transhumance.

L’homme a suivi les animaux, des millénaires plus tard, en créant une draille, une simple piste. Certains pensent, non sans raison, que des convois d’étain l’ont empruntée entre les ports phéniciens de Saint-Valéry-en-Caux, en Normandie, et de Saint-Gilles.Screen Shot 07-16-16 at 03.05 PMLes Romains l’ont sans doute suivie pour charrier les métaux qu’on extrayait de part et d’autre dans des lieux dédiés au dieu du commerce et de l’industrie, Mercoire, Mercoirol, Mercouly. Mais ce n’était pas encore un axe majeur comme il le devint au Moyen Age, après le partage de l’Empire carolingien qui place la vallée du Rhône dans l’Empire germanique et fait du Chemin de Régordane l’itinéraire le plus oriental du Royaume. C’est à cette époque (XIIe-XIIIe siècles) que le charroi se développe en raison des progrès de l’attelage obtenus lorsqu’on réalise que c’est par leur poids que tirent les animaux (comme l’homme, d’ailleurs) et non, comme on peut le lire dans les manuels scolaires, en raison de la découverte de la traction par les épaules que les égyptiens pratiquaient au temps de Toutankhamon, quatorze siècles avant J.-C.Screen Shot 07-16-16 at 03.06 PMElles sont donc parties le 9 juin du Puy en Velay. Sur ce chemin est à la fois un sentier de pèlerins  allant vers le tombeau de Saint Gilles dans le Gard, et une des plus anciennes voies de circulation qui reliait l’Auvergne au Languedoc et Marseille elles ont vite retrouvé les chemins de muletiers encore marqués par le passage des roues au Moyen-Age.

Screen Shot 07-16-16 at 03.05 PM 001Elles sont aussi passées près de grandes citadelles qui veillaient à la sécurité des routes : La Garde-Guérin,les châteaux de Luc et de Portes :
« 320 km qui traversent la Haute-Loire, un peu de Lozère, un peu d’Ardèche et surtout le Gard, avec une grande variété de paysages et les forêts de châtaigniers des Cévennes. Le temps n’a pas été trop chaud, et la pluie ne nous a accompagnées que deux petites heures. Encore une balade bien sympa, avec moins de rencontres, car moins connue que le Compostelle, mais qui mérite d’être découverte. » Précisent-elles.


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