Un Mardi Gras de tradition qui honore Poussan

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Pour les enfants, en ce Mardi gras, le rendez-vous avait été fixé à 18 h, devant la Mairie. Alors que les jeunes danseurs du Branle de la chemise allaient être soit des petits de la Maternelle soit de l’élémentaire, cette année, 7 groupes étaient présents pour le chevalet, des élèves de niveau CM1 venant des deux écoles : 5 de l’une et 2 de l’autre, des formations entraînées par Michel Bernabeu et par Béatrice Adgé. Les beaux chevaux étaient prêts, les outils aussi car pour la fête, les enfants étaient bien motivés.chemiP1200109 (1)

Pas de vent, pas de pluie, tout était OK, pour une belle soirée…

Les candidats au fameux branle de la chemise, le tube de la soirée, étaient peu  nombreux, ,très jeunes mais c’était les congés scolaires et ils assuraient la relève devant un public toujours plus impressionnant.  Tous se sont rassemblé pour prendre le départ d’un défilé ludique et jovial.  La plupart des danseurs du « Branle de la chemise » avaient un peu répété la chorégraphie avec son saut particulier quand leurs parents la connaissait et si ce n’était pas le cas, une initiation ludique avait eu lieu dans toutes les écoles.

En présence de Miss Poussan 2019, Carla Lopinot, et de certaines de ses dauphines, en première ligne,  Didier Navaro, Maître de cérémonie, a lancé les festivités qui ont pu commencer rapidement. Et la soirée a débuté, sur le parvis de l’Hôtel de Ville.chemiP1200128

Sous la houlette de plusieurs adultes , une belle chenille a pris forme. Pas de bougies, mais des enfants suivant tant bien que mal le rythme imprimé par la dizaine de musiciens sur l’air du : « Diga-me Jacou, Diga-me Margarita, per de qu’aves mes la camisa poulida? ». Tous sentaient qu’ils vivaient un moment important, au cœur de la tradition poussannaise et prenaient du plaisir, encouragés par des spectateurs qui partageaient sans retenue ces instants uniques. Souriants et naturels, ils ont déambulé avec sérieux et organisation. Les candidats à la danse se sont faits de plus en plus nombreux. Habillés de blanc, même pour les plus petits, ils n’avaient pas tous la tenue réglementaire. Leurs ancêtres les pardonneront, ils préfèrent que des jeunes soient prêts à prendre le relais ce qui est bien nécessaire.chemiP1200145 (1)

Car si la légende veut qu’il y a des siècles, des Poussannais, lassés par les exigences de leur seigneur, se présentèrent un soir devant le château, affublés d’une chemise de nuit en attestant qu’ils n’avaient plus rien, ils doivent être fiers que Poussan ne les ait pas oubliés.chemiP1200146 (1)

Pas question de se séparer sans quelques rondes et farandoles toujours sur des airs de notre beau Languedoc ou de la Provence toute proche. Des enfants qui ont fait honneur à cette danse ancestrale en terminant par une belle ronde. Ils étaient même félicités par les musiciens.

 Les meneurs de ces derniers étaient venus de Mauguio, Jean-Michel et Marie-Josée Lhubac, formés par des Poussannais comme Fabien Martinez, Messieurs Larose et Patissier. Eux qui n’oublient jamais ce rendez-vous étaient sur scène pour assurer l’accompagnement musical. Ils avaient invité des amis et rajoutaient même des paroles à leurs interprétations musicales.chemiP1200110

D’autres étaient sur la route, car à 21 h, de Pézenas, de Lézignan la Cèbe, de Montpellier et de Saint Pons,  des Cévennes, de l’Ardèche ou de la Montagne noire, du bassin de Thau ou du bord de mer, fifres, clarinettes et hautbois, tambours traditionnels et boudègues allaient se se rassembler pour réveiller dans son château, l’esprit de ce seigneur. Poussan devenant ainsi un haut lieu de rendez-vous pour les hautboïstes.chemisP1200224

En attendant, un foyer des campagnes très bien rempli, accueillait avec chaleur et ferveur les danseurs en herbe.chemiP1200209 (1)

Le calme se fit, les spectateurs rassemblés côté scène : les 7 groupes d’interprètes du chevalet allaient se succéder, réunis 2 par 2, pour une danse rituelle qui chaque année fait honneur aux chevaux et à tous les métiers qui s’y rattachent.chemisP1200169 (1)

C’était parti, l’on prenait du plaisir et l’on appréciait la synchronisation des danseurs qui assureront plus tard le respect de la tradition. De longs applaudissements les remerciaient puis tous défilèrent comme des « pros », heureux d’avoir fait eux aussi honneur à Poussan souvent devant leurs familles attentives. Un grand succès qui prouve la bonne santé de cette danse traditionnelle.chemiP1200223

Avant que les adultes ne se rassemblent vers 20 h 45, il faisait bon partager un dernier repas tiré du sac. Une ambiance calme pour commencer, mais le cœur y était et  les corps et les cœurs commençaient à chauffer a l’issue de ce repas convivial.         

Le Branle de la chemise prenait sa source au centre du Riverain.

 Les musiciens mettaient toute leur énergie pour rassembler les volontaires, la famille « chemise blanche » était au complet mais elle aussi avec moins de membres que d’habitude, dans les 70 personnes.

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A 21 h, à partir des Halles, puis du café Beauséjour qui fut visité dès le départ, une théorie de silhouettes blanches s’est formée avec l’accompagnement motivé des musiciens qui s’étaient rassemblés. branlP1200278

Une fois accrochés les uns aux autres, les sauteurs-danseurs, derrière Didier Navaro, ainsi que derrière les dauphines de Miss Poussan, se sont engagés dans la Grande Cave à la  lueur des flambeaux et des lanternes.

Ils ont longé l’église et le château Montlaur, déambulé à travers les rues, allant narguer le fantôme du Seigneur qui avait fait souffrir leurs ancêtres, ont exploré le centre ancien puis  le Peyrou tout en chantant.branP1200312

 Ils sont alors redescendus vers le foyer en décrivant de joyeuses arabesques sur les Boulevards Prosper Gervais et René Tulet.

De plus en plus forte, la musique a alors entraîné les danseurs dans une queue leu-leu se transformant en farandole.

Un moment inoubliable pour eux comme pour les musiciens heureux de partager leur passion. Le tout s’est terminé par un petit colimaçon bien sympathique, les danseurs remerciant les 25 musiciens avec énergie.branlP1200346

Quelques danses occitanes et provençales ont encore permis au public et à certains danseurs de découvrir une infime partie de ce patrimoine culturel. De bien belles prestations et démonstration avec un bon moment de partage. Une participation moyenne, mais ce moment ludique fut très apprécié : rondes et autres variantes se sont succédées. branlP1200329

Mais déjà, les équipes qui allaient interpréter le  chevalet dans les  règles de l’art se présentait :  Kévin Cabanac était au cheval, Calou Chaves, Enzo Liguori , Terry Adgé et Olivier Bernabeu l’accompagnant. Ils sont alors apparus très motivés, pour le plus grand plaisir des spectateurs qui allaient vivre un moment toujours inoubliable. Leur danse fut  appréciée par le public puisqu’ils revinrent pour rééditer leur prestation avec une motivation sans limites suivant une chorégraphie de légende. Ils donnaient le meilleur d’eux-mêmes.branlP1200338

Mais ce n’était pas terminé, car le secret avait été bien gardé, même par la presse, un autre groupe fit une apparition, un groupe féminin : en effet l’idée avait germé en 2018, elle se réalisait en 2019 avec au cheval, Séverine Campagna, entourée par Laure Artières,  Gaëlle Guénal, Sophie Souverain et Fleur Boédot… branlP1200384Pour une première, ce fut une très belle interprétation qui fit sensation. Nous retrouverons certainement un chevalet féminin dès 2020…branlP1200361

Il fallait tout de même se séparer après avoir profité des groupes, enfants et adultes, qui ont dansé ce chevalet. Quelques carnavaliers poursuivaient la soirée par des danses traditionnelles qui résonnaient encore beaucoup plus tard dans les cœurs et dans les corps et même dans les rues. Si le chevalet allait rendre visite au café Beauséjour c’était pour poursuivre ce carnaval et finir en beauté cette belle soirée. Des moments de tradition vécus et revécus par des passionnés.branlP1200362

La soirée avait tenu ses promesses, calmement avec peu de participants , mais avec ferveur et passion. Ils sauront profiter de cette joie intérieure jusqu’à ce que Paillasse ne soit jugé ce mercredi.

L’esprit de Poussan était passé sur le village en cette belle soirée de partage et en souvenir de ceux qui ont permis à la cité de perdurer, il y a des siècles…


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