De la terre au pigment et Laque d’Occident à Loupian

De la terre au pigment, Raku et Laque d’OccidentraklouDSC_0045 (4)

Ce vendredi 28 juillet, avant que Loupian ne célèbre ses Augustales 2017, la Chapelle Saint Hyppolite était en fête pour le vernissage de l’exposition « De la terre au pigment, Raku et Laque d’Occident », d’Aurélia Gritte et d’Yvon Nogier, qui se déroule du 27 juillet au 20 août, et qui sera visible du jeudi au dimanche de 10 h à 12 h et de 16 h à 19 h.

Les artistes étaient félicités par le public et les Élus de la ville très heureux de les recevoir pour plusieurs semaines. Inversement les artistes remerciaient la Ville de Loupian pour cet accueil si chaleureux dans cette chapelle étincelante.raklDSC_0036 (6)Aurelia Gritte peintre laqueur, Yvon Nogier sculpteur, sont tous les deux de Frontignan.

L’univers d’Yvon : il est fait de figurines et de temples en raku, enfumés, oxydés, étranges et très contrastés : « Le raku contemporain est une adaptation des méthodes traditionnelles du raku à l’art contemporain des arts du feu et de la céramique : « C’est dans le Japon du XVIe siècle que naît la technique du raku, fruit de la collaboration entre un maître du thé et un potier qui fondera sa dynastie. À cette époque, le raku est intimement lié à la philosophie zen. Cet échange produit une céramique simple et naturelle, dénuée de toute sophistication superflue et en harmonie avec l’esprit du thé. Cinq cents ans plus tard, les artisans céramistes perpétuent la technique traditionnelle. Spontanée par essence et simple dans sa mise en œuvre, la réalisation d’un raku n’en requiert pas moins une rigoureuse technicité. Le raku est une succession de stress appliqués à une pièce unique, dégourdie à 980 °C : un émaillage, une rapide montée en température dans un four rudimentaire, un choc thermique qui provoque le tressaillage de l’émail, un enfumage, la rencontre avec l’eau. Autant d’événements impossibles à reproduire à l’identique pour deux poteries, tant les paramètres d’une même action sont variables. » (Wikipédia) »rakloupDSC_0031 (7)

Cependant, le respect de procédés avérés, l’observation attentive des phénomènes successifs et une certaine concentration dans l’action aident à pondérer les hasards, en vue d’aboutir à un travail déterminé. Et Yvon apprécie cette technique qui dans l’esprit correspond à ce qui se passe dans notre vie avec tous les jours, des surprises et de l’inattendu.

Celui d’Aurélia Gritte qui perpétue la tradition de la laque, en associant le savoir-faire asiatique traditionnel (dorure, incrustations…), aux décors, techniques et thématiques plus contemporains kawaii, collage, outils divers est très technique mais a des corrélations avec le travail d’Yvon au niveau des résultats :
« Mon travail s’appuie sur une tradition artistique française, vieille de 300 ans, issue des méthodes chinoise et japonaise de laque : pigments naturels, feuille d’or, d’argent, de cuivre, incrustations, empreintes… et d’un vernis à l’huile français. J’associe ce savoir-faire asiatique, aux décors et thématiques occidentaux, afin d’essayer de perpétuer cette tradition, tout en aspirant a participer à l’évolution de cette matière et a ses possibilités créatives et contemporaines quasi-infinies. Je mets autant de passion dans mon métier d’artisan d’art, que dans mon travail plus artistique et personnel de peintre. » rakloupDSC_0028 (8)

Car pour une œuvre, il faut être très patient, près de deux mois. Aurélia rajoute : « Nous prenons du plaisir à exposer avec Yvon car nous sommes un peu complémentaires dans l’imaginaire et dans nos techniques et la sculpture donne de la vie à mes œuvres et inversement. Je suis diplômée des Métiers de l’Art en Laques à la française ou Vernis Martin (En 1728, les frères Martin de Paris mettent au point une imitation de laque à base de copal, le vernis Martin, destiné à concurrencer les laques de Chine et du Japon.) et j’essaye pour chaque réalisation de dompter une matière qui réserve toujours des surprises. Chacune est réalisée comme un mille-feuilles avec entre chaque couche, 2 à 3 jours de séchage. »

Mais que de plaisir pour Yvon et Aurélia quand ils découvrent un résultat final qui ne les laisse pas insensible et qui surprend toujours le visiteur. Alors, n’attendez-plus, allez à la découverte de ces œuvres très particulières. 

Les commentaires sont fermés.